POURQUOI L'EPAULE SE LUXE ?
L’épaule est l’articulation la plus mobile de l’organisme puisqu’elle permet de positionner le membre supérieur, et en premier lieu la main, sur quasiment 360°. Cette hypermobilité a un inconvénient majeur, l'épaule est aussi l'articulation du corps qui se luxe le plus facilement.
Pour comprendre les luxations d'épaule il faut avoir une idée de l'anatomie de cette articulation.
D'un point de vue osseux, l'humérus est assimilable à une boule de billard, et la glène, qui est la partie de l'omoplate sur laquelle repose le bras, à un tee de golf. C’est dans ce déséquilibre que réside le secret de l’hypermobilité de l’épaule. Grâce à cette absence de congruence, la boule de billard peut rouler comme bon lui semble, en revanche la moindre "pichnette" la fait tomber.
Pour conserver la mobilité et diminuer le risque d'instabilité, il existe 2 systèmes complémentaires. Un 1er système dit "passif" composé d'un tissu appelé labrum ou bourrelet et d'une poche appelée capsule. Le labrum est une sorte de chambre à air qui vient faire le tour de la glène et qui joue le rôle d'une ventouse maintenant la tête de l'humérus collée contre la glène. La capsule est une sorte de membrane relativement relativement épaisse qui vient se mouler sur l'épaule. Le 2ème système est dit "dynamique" et utilise les contractions des différents muscles qui entourent l'épaule fonctionnant de manière combinée comme des haubans équilibrant un mat.
Il n'y a pas besoin de réfléchir pour faire fonctionner le système capsulolabral, tant que celui ci n'est pas abimé l'épaule est stable. A contrario, en cas de luxation, la ventouse et la poche se déchirent, et le système n'est plus fonctionnel. Les muscles en revanche peuvent se contracter à la demande et ainsi se montrer efficaces même en cas de luxation chronique. Lorsque l'on est bien gainé, les muscles se durcissent ce qui stabilise l'épaule.
Si la première luxation est dans l'immense majorité des cas consécutive à un traumatisme violent qui vient arracher le labrum malgré la contraction musculaire, on comprend donc mieux pourquoi les luxations suivantes surviennent lors de situations anodines comme pendant la sieste et non après des chocs violents lorsque les muscles sont relâchés.