Pourquoi une kiné si complexe ?
La rééducation de l'épaule est un défi pour les kinésithérapeutes car si la douleur traduit toujours un déséquilibre entre des muscles qui tirent et d'autres qui freinent, il est souvent complexe de différencier si le problème vient des muscles qui tirent trop ou des muscles qui ne freinent pas assez. Si le kiné se trompe de cible, la rééducation sera non seulement peu efficace mais surtout contre productive !
Pour mieux comprendre la rééducation de l'épaule il faut commencer par diviser l'épaule en 2 à l'image d'une maison à étage dont le rez-de-chaussée serait la glénohumérale (bras-omoplate) et le 1er étage la scapulothoracique (omoplate-thorax).
En simplifiant les choses, lorsque l'on veut mettre le bras en l'air, l'épaule bouge entre le bras et l'omoplate jusqu'au niveau de l’epaule puis entre l'omoplate et le thorax au-dessus de l’épaule.
Dans la première phase le mouvement est celui d'un roulement alors que dans la deuxième il s'agit plutôt d'un glissement.
La moindre perturbation du rythme scapulaire entraîne un dérapage de l'épaule, la plupart du temps vers l'avant ce qui provoque, en réaction, une crampe des muscles de l'omoplate en arrière. Certains seront plus douloureux sur l'avant et le coté en raison de l'inflammation liée au dérapage et d'autres plus douloureux sur l'arrière et le cou en raison des contractures reflexes pour l’empêcher.
Pour que le roulement se fasse correctement il faut que la tête de l'humérus soit toujours appuyée au même endroit sur l'omoplate quelque soit la position de la main, la vitesse, ou le poids, c'est ce que l'on appelle le recentrage dynamique.
Pour que le glissement se fasse correctement, il faut que l'omoplate reste plaqué en permanence sur le thorax pour que l'épaule s'appuie sur toujours sur un socle efficace, c'est le verrouillage scapulothoracique.
Il est impossible de rééduquer une épaule sans avoir identifié si la déprogrammation vient d'un problème de décentrage ou de dyskinésie scapulothoracique.