BILAN RADIOLOGIQUE
Contrairement à ce qui se fait trop souvent sur les terrains de sport le dimanche, il ne faut jamais réduire une luxation d'épaule sans avoir, au préalable, passé une radiographie épaule luxée.
La radiographie est le premier examen à réaliser en cas de luxation de l’épaule. Elle permet de rechercher des fractures sur la tête de l’humérus ou sur la glène de l’omoplate. La radiographie a également un autre intérêt, celui de confirmer que le sens de la luxation se fait bien vers l'avant et non vers l'arrière (luxation postérieure) ou le bas (luxation erecta). En effet, il est quasiment impossible pour le patient d'être formel sur le sens de l'instabilité en se fiant uniquement sur ses sensations, car si le bras est bien sur l'avant sur une luxation antérieure, l'omoplate lui est, par définition, en arrière.
Pour définir la luxation, certains vont plutôt ressentir la position de l'omoplate et d'autre plutôt la position du bras. La radiographie, peut éviter de faire des erreurs majeures dans le choix du traitement car il est assez simple de comprendre que traiter une luxation postérieure par une technique prévue pour une luxation antérieure, n'a que très peu de chances de régler le problème.Si vous avez plus de 45 ans, une échographie complémentaire peut également être demandée dés la première luxation pour éliminer la survenue d’une lésion de la coiffe des rotateurs. Une rupture de la coiffe des rotateurs dans les suites d'une luxation est toujours grave et devient prioritaire sur la luxation pour la suite du traitement.
Enfin, si à l'examen clinique vous présentez un problème de sensibilité du moignon de l'épaule et/ou des doigts ou des difficultés de mobilité, il faudra passer un electromyogramme pour évaluer la sévérité de l'étirement des nerfs. Heureusement ce type de lésion nerveuse post luxation, appelée neurapraxie, est quasiment toujours réversible sans aucune séquelles sur un délai allant de quelques jours à quelques semaines.
Si une stabilisation chirurgicale est envisagée, il faudra obligatoirement poursuivre le bilan par un arthroscanner. Cette examen, parfois jugé comme désagréable, consiste à injecter un produit de contraste dans l'articulation de l'épaule puis à passer un scanner. Le liquide apparaîtra blanc sur le scanner ce qui permet de mettre en évidence les lésions de passage avec une précision de l'ordre du millimètre.
Pour comprendre la précision de l'arthroscanner, il faut reprendre l'image de la chambre à air. Un petit trou dans le plastique ne se verra pas facilement à l'oeil nu, en revanche, en immergeant la chambre à air trouée dans l'eau celle ci fera des bulles d'air en regard. L'arthroscanner fonctionne un peu comme une chambre à air plongée dans l'eau : le produit de contraste s'infiltre dans les plus petites lésions et permet ainsi de les révéler.