EVOLUTION DE L'ARTHROSE
Comme toute les articulations, les surfaces osseuses en contact sont protégées par une coque de quelques millimètres appelée cartilage. Lorsque le cartilage n’existe plus
l’articulation va progressivement se détruire. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’os est un tissu assez fragile qui, à l’image de 2 morceaux de sucre que l’on frotterait énergiquement, se dégrade facilement. Ce phénomène appelé arthrose, et plus précisément à l’épaule omarthrose, est un phénomène irréversible qui se traduit par un enraidissement progressif de l’articulation de plus en plus gênant et surtout de plus en plus douloureux.
Dans la très grande majorité des cas, lorsque l’épaule est quasiment bloquée, il faut envisager un remplacement de l’articulation par une prothèse.
L’omarthrose peut être primitive, c’est à dire sans explication, ou secondaire. Dans ce dernier cas, les causes peuvent être multiples mais les plus fréquentes sont secondaires à une rupture massive de la coiffe des rotateurs, une maladie inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde ou une nécrose de la tête humérale. On distingue également les origines traumatiques notamment les séquelles de fracture ou de luxation.
L’omarthrose présente 2 formes principales selon l’état de la coiffe des rotateurs avec une prise en charge radicalement différente :
1/ lorsque l’humérus est en face de l’omoplate, l’usure est dite centrée et la coiffe des rotateurs efficace
2/ lorsque l’humérus est au dessus de l’omoplate, l’usure est dite excentrée et la coiffe des rotateurs forcément très abimée

PAS D’USURE
Lorsque l’usure est centrée, une prothèse anatomique ressemblant à l’articulation de l’épaule est logique. En revanche, lorsque l’usure est excentrée une prothèse reproduisant la forme de l’articulation aura un comportement identique avec une tendance inévitable à passer au dessus de l’articulation. Ainsi en cas de rupture massive de la coiffe des rotateurs, toute tentative de remplacement par un dispositif « anatomique » se soldera inévitablement par un échec rapide.


Heureusement, dans les années 90 un concept révolutionnaire, inventé par un français le Pr Grammont a permis de s’affranchir de la coiffe des rotateurs. Il s’agit de la prothèse totale inversée. Il a littéralement inversé la biomécanique de l’épaule en positionnant la boule sur l’omoplate, et la surface plane sur l’humérus. Grâce à cette astuce, l’épaule peut fonctionner sans son plafond naturel car l’humérus est en permanence « redescendu » par la boule et se retrouve maintenu en face de la glène.
Si la prothèse inversée permet à l’épaule de fonctionner sans la coiffe des rotateurs, en revanche elle ne permet pas de la remplacer. La conséquence est la persistance d’une fatigabilité pour les gestes en hauteur. Pour cette raison, il est préférable d’opter, tant que c’est possible, pour la prothèse anatomique.

Prothèse inversée

Prothèse anatomique

USURE CENTREE

USURE EXCENTREE