HISTOIRE DE LA RUPTURE

Le plus frustrant dans les ruptures des tendons de la coiffe des rotateurs est l'impossibilité qu'ils cicatrisent spontanément y compris en réalisant une rééducation rigoureuse ou en respectant une grande période de repos. Manger du collagène ou attendre d'une injection d'un produit cicatrisant biologique ou de synthèse ne change rien. Les fibres musculaires se prolongent par les fibres tendineuses.  C'est là tout le problème car les fibres musculaires sont élastiques. Lorsque le tendon casse, il se passe le même phénomène qu'avec un tendeur ou un ressort, il se rétracte définitivement avec une perte de contact entre le moignon tendineux et l'os. Le seul moyen pour réparer la rupture est de réinsérer le tendon sur l'os par de la chirurgie

Plus la rupture est grande et plus elle est ancienne, et plus le risque que les fibres musculaires meurent est grand. Lorsque le muscle meurt, il se transforme en graisse. Cette graisse n'a rien à voir ni avec l'alimentation ni avec les efforts pour entretenir sa musculature. La dégénérescence graisseuse du corps musculaire est un processus physiologique qui s'installe d'autant plus rapidement que la rupture est brutale. Tant que les fibres musculaires sont vivantes elles conservent leur élasticité et il est possible de réparer la rupture. Par contre, quand la fibre musculaire se transforme en graisse, elle perd son élasticité et il est impossible de réparer le tendon. 

Heureusement, la coiffe des rotateurs recouvre la tête de l'humérus comme une nappe. Les tendons ne sont pas alignés comme des cordes de piano mais se superposent un peu comme un mille feuille où chaque tendon viendrait s'aplatir formant une nouvelle couche dans la structure. Tout est fait pour que les tendons soient interconnectés entre eux afin de de se suppléer les uns les autres. Ainsi, une rupture localisée peut être parfaitement compensée par le reste de la coiffe. Ceci est vrai jusqu'à une certaine taille de rupture qui varie en fonction des individus entre 10 et 30 mm. 

L'histoire d'une rupture de coiffe peut donc être comparée à un accroc dans un drap ou dans un collant. Tant que le trou est de petite taille tout va bien. En revanche, si l'on met le doigt dedans et que l'on tire, le trou s'agrandit et là, c'est la catastrophe.

Dans le plupart des cas, il existe une prédisposition anatomique à l'aggravation en lien avec un crochet présent sur l'acromion qui est une extension de l'omoplate qui surplombe la coiffe des rotateurs et qui sert de point d'attache au deltoïde. La coiffe des rotateurs coulisse dans l'espace sous acromial dont le plancher est la tête de l'humérus et le plafond l'acromion. S'il existe une excroissance osseuse sous l'acromion alors celle-ci rentre en conflit avec la coiffe des rotateurs ce qui engendre un conflit susceptible de provoquer la rupture. Le seul moyen de faire disparaître cette excroissance est de la raboter lors d'une intervention chirurgicale appelée acromioplastie.


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