REEDUCATION

La fonction de l'épaule est tellement importante pour permettre à la main d'agir qu'il existe une infinité de possibilités pour mobiliser son bras. Le problème c'est que lorsque l'épaule fonctionne en mode dégradé, les voies de passages adaptatives sont douloureuses. Encore plus que pour les autres articulations, à l'épaule l'efficacité prime sur le confort. La rééducation permet de retrouver une harmonie articulaire lorsque la machine s'emballe un peu trop.

Pour mieux comprendre la rééducation de l'épaule il faut commencer par diviser l'épaule en 2 à l'image d'une maison à étage dont le rez-de-chaussée serait la glénohumérale (bras-omoplate) et le 1er étage la scapulothoracique (omoplate-thorax). En simplifiant les choses,  lorsque l'on veut mettre le bras en l'air, l'épaule bouge entre le bras et l'omoplate jusqu'au niveau du cou puis entre l'omoplate et le thorax à partir de la tête. Dans la première phase le mouvement est celui d'un roulement alors que dans la deuxième il s'agit plutôt d'un glissement. La moindre perturbation du rythme scapulaire entraîne un dérapage de l'épaule, la plupart du temps vers l'avant ce qui provoque, en réaction, une crampe des muscles de l'omoplate en arrière. Certains seront plus douloureux sur l'avant et le coté en raison de l'inflammation liée au décentrage anterosupérieur, d'autres plus douloureux sur l'arrière et le cou en raison des contractures cervicotrapeziennes.

Pour que le roulement se fasse correctement il faut que la tête de l'humérus soit toujours appuyée au même endroit sur l'omoplate quelque soit la position de la main, la vitesse, ou le poids, c'est ce que l'on appelle le recentrage dynamique. Pour que le glissement se fasse correctement, il faut que l'omoplate reste plaqué en permanence sur l'omoplate pour que l'épaule s'appuie sur toujours sur un socle efficace, c'est le verrouillage scapulothoracique. Il est impossible de rééduquer une épaule sans avoir identifié si la déprogrammation vient d'un problème de décentrage ou de dyskinésie scapulothoracique.

Lorsque le problème concerne la phase de recentrage, il faut cibler en priorité les muscles reliant l'omoplate et le bras pour qu'à chaque position de l'épaule il y ait un équilibre parfait entre les muscles qui tirent l'épaule vers l'arrière (les rotateurs externes), vers l'avant  (les rotateurs internes), vers le haut (le deltoïde) et vers le bas (les abaisseurs de l'omoplate). Le protocole réèducatif le plus adapté est le protocole CGE pour concept global de l'épaule qui se base sur des exercices de décoaptation active. Le travail s'effectue préférentiellement en position assise en utilisant des élastiques ou allongé sur le dos en gardant le bras en dessous du niveau de l'horizontale.

Lorsque le problème concerne la phase de verrouillage, il faut plutôt travailler les muscles qui relient l'omoplate au thorax avec 2 cibles principales, la musculature interscapulothoracique en arrière et la musculature pectorale en avant. Le travail s'effectue soit en position allongée sur le ventre soit debout avec le bras en levant le bras au niveau des épaules puis au dessus. 

La rééducation de l'épaule va pouvoir faire appel à une multitudes d'outils mais qui doivent obligatoirement s'intégrer dans une prise en charge globale. La balnéothérapie permet de travail en apesanteur sans être gêné par le poids du bras mais reste très approximative et doit obligatoirement être associée à de la kinésithérapie à sec. Les ondes de chocs peuvent être interessantes pour relâcher les contractures musculaires mais ne remplaceront pas les massages profonds du kinésithérapeute et ne doivent plus être utilisées sur les tendons pour diminuer l'inflammation. L'électrostimulation permet d'aider à retrouver une ébauche de contraction musculaire lorsque le muscle est sidéré mais ne sera efficace qu'en cas de contraction volontaire associée. L'utilisation d'une poulie peut permettre de gagner en souplesse sans sollicitation musculaire mais peut être catastrophique si le recentrage dynamique n'est pas acquis.

Si la rééducation conventionnelle cible l'épaule, il faut toujours avoir en tête que l'omoplate peut être assimilée à une plaque tectonique dans un système interconnecté avec d'autres plaques comme les muscles du dos, le bassin, le coude et le poignet, le système nerveux, la cage thoracique, les viscères abdominopelvienne et bien sûr les émotions. Lorsque l'on est dans l'impasse il faut savoir ouvrir les yeux et diversifier les protocoles rééducatifs en s'orientant vers des protocoles moins conventionnels comme la Meyzière ou l'école du dos ciblant les chaînes postérieures, la l'ostéopathie ciblant de manière holistique les interconnections fascials, l'acupuncture ou la mésothérapie en cas de syndrome myofascial, la cryothérapie corps entier pour la libération des endorphines et même la psychiothérapie de soutien ou l'hypnose pour la gestion du stress.


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